Un exemple d’utilisation de la loi de la « fausse motivation » de Paul Diel

Dans l’article sur la genèse des conflits, nous avons présenté la loi de la « fausse motivation » de Diel et nous l’avons utilisée pour montrer comment les conflits naissent en nous et se propagent à plus grande échelle.

Ici, nous voudrions montrer, sur une situation inventée, mais extrêmement classique, comment cette loi permet de dévoiler les mécanismes à l’œuvre lors de prises de décision concrètes.

La situation présentée est schématique et ne vise qu’à l’illustration de la loi considérée. Ainsi, nous partirons de la situation conflictuelle entre deux désirs contradictoires et analyserons uniquement le processus de prise de décision sous cette loi sans effectuer, ni de véritables « analyse en amont et en aval », pour lesquelles il nous faudrait plus d’informations sur les idées de notre protagoniste principal, ni non plus d’analyse philosophique qui porterait, principalement, sur  le concept de fidélité.

Situation :

Pierre, en couple, sans véritable problème de remise en cause de son couple, rencontre, au cours d’une soirée, la jolie Anne qui lui fait clairement comprendre son attirance, au moins physique pour lui. Pierre qui, lui aussi, désire physiquement Anne, mais qui désire aussi, par ailleurs, se conformer à un modèle de fidélité (peu importe comment ce modèle lui a été induit), se trouve donc confronté à l’ambivalence de ses deux désirs contraires que sa délibération va devoir surmonter :

Schématiquement :

Monde extérieur :                                Excitant : Anne

↓         Excitation        ↓

Monde intérieur              Désir physique                     Désir de fidélité

↓                                  ↓

↓                                  ↓

Désir de passer à l’acte        Désir de « s’éloigner » de Anne

Ambivalence

Délibération

Motivation

(Ré)action

La délibération peut s’opérer uniquement sous le règne de l’imagination qui s’est représenté l’objet du désir qui a provoqué le projet de la possession.

La loi de la « fausse motivation » va alors présider à l’un des calculs psychologiques suivants, selon la nature intime de Pierre, selon ce qui, suivant son état de joies et de tristesses, de l’orgueil ou de la dépréciation de soi, prédomine en lui au moment considéré.

Si la tristesse, et donc la dépréciation de soi prédomine :

Soi                                              Autres

+                                                    +                      surestime (ligne de défense)

Orgueil    —————————– Surestime          (de sa compagne)

│                                                   │

│                                                   │

│                                                   │

│                                                   │

Dépréciation de soi ———————–Mésestime         (d’Anne)

_                                                       _                    sous-estime (ligne d’attaque)

La dépréciation de soi va engendrer une surestime  de sa compagne et une mésestime de Anne.

Pierre choisira donc de ne pas « passer à l’acte », mais pour une mauvaise motivation.

Il en résultera sans doute un sentiment de culpabilité renforcé (je suis nul, j’aurais dû posséder une aussi belle fille).

Il y a donc renoncement avec regret.

Si, par contre, c’est la joie et donc l’orgueil qui prédomine :

Soi                                              Autres

+                                                    +                      surestime (ligne de défense)

Orgueil    —————————– Surestime          (survalorisation d’Anne)

│                                                   │

│                                                   │

│                                                   │

│                                                   │

Dépréciation de soi —————————-Mésestime   (dévalorisation de sa compagne)

_                                                       _                    sous-estime (ligne d’attaque)

L’orgueil va entraîner une surestime à l’égard de Anne et une dévalorisation de sa compagne.

Pierre va « passer à l’acte », mais par de fausses motivations, encore une fois.

Il y aura apparition postérieure d’un sentiment de culpabilité pour avoir trompé sa compagne.

C’est un accomplissement avec regret.

Les mauvaises causes (dépréciation de soi et orgueil) ont entraîné de fausses motivations et donc de mauvais effets se reflétant dans des actes suivis de regrets.

Si maintenant la délibération se fait sous le régime de l’intellection, Pierre devrait :

  1. Démonter le mécanisme précédent (en prendre conscience) ;
  2. Tenter d’apprécier les forces des désirs en présence, donc des idées qui sous-tendent les joies qui engendrent ces désirs ;
  3. Mesurer les conséquences des deux options, c’est-à-dire en déduire si elles seront suivies de satisfaction (de joie ou de tristesse) et à quel prix (confrontation avec les nécessités extérieures).

Dans les deux premiers points, on aura reconnu « l’analyse en amont » et dans le troisième, « l’analyse en aval ».

Autant que faire se peut, cette attitude réfléchie va donner naissance à une vraie motivation et ainsi à un renoncement ou un accomplissement sans regret résiduel.

Jean-Pierre Vandeuren

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Un commentaire pour Un exemple d’utilisation de la loi de la « fausse motivation » de Paul Diel

  1. sarasvati007 dit :

    Les schémas sont illisibles; serait-il possible de les mettre sous un autre format (et ceux des articles précédents aussi par la même occasion)? Merci!

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