Spinoza et Freud (1) : l’inconscient

Dans l’article précédent, nous avons rapproché Spinoza de la psychanalyse  sur deux points : en reliant d’une certaine façon passion et pulsion et par la localisation d’un événement dans le passé. Cela ne signifie nullement que spinozisme et freudisme soient proches l’un de l’autre. Que du contraire, nous pensons que les deux visions du monde sont totalement inconciliables, même si certains liens peuvent évidemment, comme nous l’avons fait, être mis en évidence. Ces liens ne permettent pas du tout de dire comme on peut le lire à maints endroits que « Spinoza a ouvert la voie à Freud »,  et même si Freud semble admettre, lui-même,  du bout des lèvres une certaine influence de Spinoza sur son œuvre : «J’avoue volontiers ma dépendance à l’égard des enseignements de Spinoza. Si je n’ai jamais pris la peine de citer directement son nom, c’est que je n’ai pas tiré mes présupposés de l’étude de cet auteur mais de l’atmosphère créée par lui. Et parce que je n’avais rien à faire d’une légitimation philosophique. »

Dans cet article et le suivant, nous allons souligner les différences profondes entre les deux systèmes, en commençant par la différence essentielle : celle portant sur la célèbre notion d’inconscient que tous les psychologues considèrent comme l’apport fondamental de Freud à la psychologie. En effet,  en occident Freud est vénéré comme celui qui, grâce à l’introduction de l’inconscient, a révolutionné le paradigme de la psychologie. Il y aurait la psychologie « avant » et la psychologie « après » Freud.

Commençons par présenter la théorie de l’inconscient selon Freud :

1. L’inconscient n’est pas une partie du cerveau!

Il faut bien distinguer le cérébral et le psychique, le niveau des fonctions neurologiques du cerveau et celui de la pensée. Lorsque Freud distingue des « lieux » psychiques qu’il nomme des instances et dont il décrit le fonctionnement dans ses topiques, ces “lieux” sont la représentation figurée de processus et non des zones « dans » la pensée, qui n’est pas quelque chose de matériellement divisible.

Les topiques ont pour but de permettre la représentation du fonctionnement de la pensée (que Freud appelle fonctionnement psychique) à l’aide d’un modèle simple (la représentation spatiale) de façon à en faciliter la compréhension.

Première topique : ICS // (PC / CS)

ICS : l’inconscient, lieu des pulsions et des tendances refoulées.

PC ou pré-conscient : ce qui n’est pas actuellement présent à ma conscience mais qui peut le devenir (certains souvenirs par exemple, les gestes qu’on accomplit mécaniquement).

CS : le conscient (je), ce que je pense, ce que je perçois actuellement.

L’ensemble (PC / CS) constitue ce que le sujet identifie comme son être, son Moi.

// : c’est la « barrière » de la censure, qui représente l’activité du refoulement qui divise le psychisme humain.

Refoulement : force qui tend à s’opposer au devenir conscient de certaines tendances.

2. L’inconscient n’est pas « le vrai moi »!

Même pour Freud, il n’y a qu’un Moi, l’être que j’ai conscience d’être. Ce que Freud ajoute c’est que le Moi ignore les tendances inconscientes qui le constituent. Ainsi les pensées conscientes sont conçues par Freud comme un point d’équilibre entre des forces psychiques diverses et contradictoire:

a) les pulsions, source interne de l’excitation et de l’énergie psychique;

b) la censure, qui représente des interdits, les exigences intériorisées de la Loi ;

c) le rapport à la réalité.

D’où la seconde topique :

SURMOI

CA MOI

RÉALITÉ

Surmoi : instance qui représente l’intériorisation des interdits, les exigences civilisationnelles, sociales et familiales.

Ça : les pulsions refoulées.

La réalité : le monde réel, à quoi on doit s’adapter, dont on doit tenir compte.

Moi : l’instance de la conscience de soi qui, à son insu, emploie l’essentiel de son énergie à tenter de concilier les exigences contradictoires du Ca, du Surmoi et de la Réalité.

Principe de plaisir : recherche exclusive et pressante de la satisfaction selon lequel agit le Ca.

Principe de réalité : nécessité de l’adaptation des exigences de satisfactions à l’ensemble des conditions réelles d’existence d’un sujet particulier.

Les deux principes s’harmonisent rarement dans la vie. D’où d’inévitables frustrations et le caractère pathétique d’affirmation du type : «moi, je fais ce que je veux» (on fait toujours « comme on peut », chacun sait cela).

Commentaire de Freud sur la seconde topique : «Le moi ainsi pressé par le ça, opprimé par le surmoi, repoussé par la réalité, lutte pour accomplir sa tâche, rétablir l’harmonie entre les diverses forces et influences qui agissent en et sur lui : nous comprenons ainsi pourquoi nous sommes souvent forcés de nous écrier : «Ah, la vie n’est pas facile.»

3. Freud affirme l’existence d’un inconscient psychique

C’est-à-dire d’une activité de pensée qui n’est pas accompagnée de conscience, qui est ignorée du sujet conscient. Il ne faut donc pas confondre l’inconscient avec les automatismes corporels dont Descartes donnait déjà des exemples («il arrive que nous marchions ou que ne mangions sans penser en aucune façon à ce que nous faisons»). C’est précisément cela le « scandale » de l’affirmation freudienne : la pensée en nous ne se borne pas à l’activité psychique consciente; plus encore, les pensées conscientes sont le produit de tendances inconscientes : «le Moi n’est pas maître dans sa propre maison» (quand je veux, « ça » veut).

4. Le principe de la démarche psychanalytique et le problème de la preuve de l’inconscient

Mais comment affirmer l’existence de ce qui par définition échappe à la conscience? Comment admettre un tel démenti de l’expérience vécue de la conscience de soi?

Le principe constant de recherche de Freud est que «tous les faits psychiques ( toutes les productions mentales et tous les comportements) ont un sens». Il suffit que l’interprétation montre qu’un phénomène que le sujet juge en toute bonne foi insignifiant ou a-signifiant peut se comprendre comme une intention ou une tendance douée de sens pour prouver qu’il existe des processus de pensée inconscients. La réussite de l’interprétation (d’un rêve par exemple) montre donc que la conscience n’est pas l’origine de tout ce qui a sens pour le sujet, ni le foyer unique de l’intention : il y a une activité intentionnelle inconsciente, une causalité inconsciente et ce qui a sens pour le sujet est plus vaste que ce dont il a conscience. Donc le sujet s’ignore, il est dans un état d’aveuglement sur soi. L’herméneutique (la démarche d’interprétation) freudienne est une démystification des illusions du Moi.

5. Exemples

Les actes manqués, catégorie dont font partie les lapsus : ce sont les maladresses de comportement ou les erreurs de langage : si des actes sont manqués du point de vue de l’intention consciente, ce sont bien souvent des actes réussis du point de vue de l’inconscient : c’est le cas lorsque le lapsus est porteur d’un sens, ou lorsqu’une maladresse réalise un désir dont l’expression est interdite et qui doit être refoulé (d’où le thème freudien du retour du refoulé).

Les symptômes : ce sont pour Freud des commémorations du traumatisme qui en est l’origine.

Les oublis : ils témoignent de l’activité du refoulement, en tant qu’il a partie liée avec les intérêts du Moi. Le refoulement agit comme une force qui s’efforce d’éviter tout déplaisir à la partie consciente du psychisme. Les oublis des noms de personnes familières sont très caractéristiques de l’activité inconsciente. Comment rendre compte de ce type d’oubli? Freud propose de cesser de considérer l’oubli comme une déficience de la faculté de remémoration, et d’y voir reconnaître l’activité d’une force (le refoulement) qui empêche le ressouvenir: si je ne me souviens pas, c’est que «je» ne veux pas me souvenir.

Les rêves : Freud distingue le contenu manifeste (le rêve tel qu’il se présente au souvenir) du contenu latent (= caché) qui est porteur des pensées que le rêve exprime de façon figurée. Le rêve est énigmatique car les pensées dont il est porteur subissent un processus de figuration qui fait du contenu manifeste un rébus à interpréter. Ainsi des pensées sont présentes dans tout rêve, mais elles sont exprimées de façon détournée.

6. Inconscient et connaissance de soi

Aux yeux de Freud la conscience de soi n’est en rien une connaissance de soi, bien au contraire : elle est le lieu d’une mystification. Par conséquent l’autobiographie ou l’introspection, qu’elles procèdent intuitivement ou réflexivement ne peuvent pas être connaissance de soi; car le sujet ignore qu’il est le produit de déterminations inconscientes. Se “connaître” c’est dévoiler progressivement par l’interprétation analytique le réseau des déterminations qui constituent l’être au monde du sujet, son existence. Ce n’est pas connaître un illusoire « vrai moi » mais réduire le sentiment d’altérité en soi, réduire en soi le conflit entre les différentes tendances qui nous animent.

Certains passages de l’Ethique pourraient faire penser  à une certain « inconscient ». Par exemple :

« Nul ne sait ce que peut le corps », ou encore :

« Les hommes, donc, se trompent en ce qu’ils pensent être libres ; et cette opinion consiste uniquement pour eux à être conscients de leurs actions, et ignorant des causes qui les déterminent ». (Ethique, deuxième partie, scolie de la proposition XXXV)

Pour ce qui est de la première citation, Spinoza n’y fait pas référence à un inconscient quel qu’il soit. L’homme une idée de tout ce qui se passe dans son corps. Mais c’est toujours spontanément une idée inadéquate, qu’en droit, sinon en fait, il lui est toujours possible de clarifier.

Dans la deuxième citation, Spinoza utilise bien le mot (souligné par nous) « ignorant » et non celui d’ « inconscient ».  Mais ne sont-ce pas là simplement deux mots différents qui pourraient recouvrir une même notion, ou, à tout le moins, des notions similaires ? Non. Mais pour le voir, il est nécessaire de clarifier ce que Spinoza entend par « conscience ».

Rappelons que l’esprit, qui n’est rien d’autre qu’une idée, est l’idée du corps. Maintenant dès qu’un homme a une idée, c’est-à-dire qu’il sait quelque chose, il sait aussi immédiatement qu’il sait qu’il sait quelque chose, c’est-à-dire qu’il a conscience de savoir quelque chose. Savoir que l’on sait, c’est avoir une idée de l’idée, qu’on a eue. Ainsi la conscience n’est rien d’autre que l’idée de l’esprit, l’idée de l’idée du corps.

Ainsi, toute idée est nécessairement accompagnée de conscience et une idée ou une pensée inconsciente, c’est-à-dire sans idée de cette idée est une absurdité logique dans le système spinoziste. Il n’y a pas d’inconscience chez Spinoza, qui ne peut dès lors pas être un précurseur de Freud.

La conscience est une idée (d’une idée), donc, contrairement à ce qu’affirme Freud, aussi une connaissance. Cependant, cette connaissance reste une connaissance du premier genre, c’est-à-dire une connaissance ignorante des véritables causes. En effet, l’idée du corps humain est toujours d’abord une connaissance du premier genre, une image qui  est  un point de vue de l’esprit individuel, idée d’un corps, sur le monde. Il ne peut y avoir point de vue sur le monde sur un mode sensible que dans une confusion essentielle. L’esprit  ne se perçoit comme existant qu’à travers ses images mentales, idées des modifications causées dans le corps propre par les corps extérieurs. L’image exprime bien la nature du corps extérieur qui a causé la modification du corps dont elle est l’idée mais plus encore la nature de ce corps lui-même, et ce dans une confusion indémêlable – ce qui exclut toute possibilité de distinction intrinsèque entre perception effective et hallucination – et hors de tout contexte causal. . Mais pour autant, la conscience ne suffit pas à faire une connaissance adéquate, claire, distincte et complète (Ethique, deuxième partie, proposition XXIX), sachant que l’idée d’une idée A (qui donc n’implique pas nécessairement l’idée de ses causes x et de ses effets y) n’est pas une autre idée, différente de A mais seulement la forme de cette idée, c’est-à-dire sans relation à un objet.  Elle ne complète donc pas l’idée inadéquate de départ par la connaissance des causes. Bien que consciente, elle reste ignorante des causes.

Ainsi,  l’homme est obscur à lui-même et Spinoza le reconnaît bien évidemment, mais situe cette obscurité dans la connaissance confuse et tronquée qu’est l’imagination, la connaissance du premier genre et non dans un monstre –l’inconscient- qui serait caché en chacun de nous. La psychanalyse, comme toute mythologie, a inventé ce monstre pour expliquer de façon imagée nos comportements passionnels. Par ailleurs, l’interrogation de ce monstre se fait par l’intermédiaire  de ce grand prêtre qu’est le psychanalyste qui utilise l’interprétation personnelle comme moyen de divulgation des intentions du monstre. Cette interrogation dépend donc de l’imagination d’une tierce personne : connaissance du premier genre d’une connaissance du même genre, images d’images,  confusion sur confusions, que cela pourrait-il  nous apprendre  de neuf ?

La clarification des images, des idées confuses dissimulées à l’intérieur des sentiments nous semble à la fois plus digne de confiance et plus efficace pour répondre aux éventuelles questions que poseraient les lapsus ou tout autres actes manqués ainsi que, pourquoi pas ?, une certaine « interprétation des rêves ». Pour ce qui des lapsus, le fait de penser un même objet de deux façons différentes ne peut-il pas facilement conduire à des paroles ou des écrits « manqués » ? Ainsi, de cette adolescente, parlant du garçon X, qu’elle apprécie particulièrement, pourra-t-elle répondre à l’interrogation de son professeur « il n’est pas dans ma chambre » pour « il n’est pas dans la classe ». Faut-il invoquer le refoulement d’un désir dans l’inconscient pour expliquer ce lapsus, alors qu’il suffit de se rendre compte que la jeune fille pensait alors à ce garçon de deux façons différentes et que cette confusion  s’est transmise par ses paroles ? Ainsi aussi des rêves. Notre corps garde de chaque rencontre avec un objet extérieur des traces affectives et l’esprit, qui est l’idée du corps, a donc aussi des idées de ces traces. Si ces dernières se révèlent émotivement durant le sommeil, l’esprit, qui exprime les mêmes choses que le corps, mais sous « l’attribut Pensée », aura des idées confuses, des images de ces émotions : ce sont les rêves, idées confuses de sentiments revisités, donc images  d’images, idées  confuses d’idées confuses.  Pas étonnant que toute cette confusion ait fait la prospérité des devins de tous bords (dont les psychanalystes ?).

Prenons un exemple et son interprétation psychanalytique.

(Exemple rapporté par Car Gustav Jung) Une dame vient trouver son ami psychanalyste pour lui confier un rêve qu’elle a fait. Elle dit avoir rêvé qu’elle étranglait un petit chien blanc. Elle trouve cela étrange, remarque qu’elle procède dans le rêve comme pour tuer les poulets et passe ensuite à des observations sur la peine capitale. L’ami lui demande si elle n’en veut pas à quelqu’un dans son entourage. Elle confirme aussitôt. Voilà quelques jours, en colère, elle a chassé de chez elle sa belle-sœur  en lui disant « sortez d’ici, je ne veux pas d’un chien qui mord ». L’interprétation devient assez claire. Le rêve réalise de manière dramatique une conduite d’agressivité. Ne pouvant s’avouer à elle-même ses intentions meurtrières, elle a déplacé son intention vers le chien, en conservant une relation chien = belle-sœur. Le rêve a effectué le déplacement. Elle s’est satisfaite, mais sans se l’avouer sur un plan conscient. Si le rêve comporte un contenu manifeste (la pensée patente) qui semble se résumer à une histoire chaotique, il comporte aussi un contenu latent (pensée latente), qui est ici un désir de vengeance. Le moi conscient peut très bien ignorer ce qui est latent en lui et conserver la façade d’une intégrité qui est maître d’elle-même, mais cependant, il demeure en lui des tendances inconscientes qui le travaillent.

A nouveau, est-il nécessaire de dramatiser le rêve en l’interprétant au moyen d’un prétendu inconscient ? Durant l’éveil, la dame a éprouvé un sentiment de colère vis-à-vis de sa belle-sœur. La colère est le désir qui nous pousse à faire, par haine, du mal à celui que nous haïssons.  Ce désir s’est exprimé sous formes d’images confuses liant une envie de tordre le cou à une autre image ravalant la personne à une chienne. Comment s’étonner du fait que l’esprit, idée du corps qui a gardé les traces de ces affections et les ramène à la présence durant la nuit, mélange ces idées confuses et en crée une où c’est un chien qui se fait étrangler ?

Jean-Pierre Vandeuren

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3 commentaires pour Spinoza et Freud (1) : l’inconscient

  1. claustaire dit :

    Je découvre depuis plusieurs jours votre blog (via le désir mimétique / Girard dont vous me semblez faire une intelligente critique) et m’en félicite.
    Sur votre critique fort cohérente de l’inconscient freudien, monstre inventé par un savant thérapeute exigeant l’invention du thérapeute qu’on payera pour maîtriser ce monstre inventé, je souhaiterais cependant vous proposer la réflexion suivante : il y a bien des aspects (plaisants ou déplaisants) de moi-même dont un tiers se rendra plus facilement compte que moi-même. Je peux par exemple être autoritaire sans m’en rendre autant compte que celui ou ceux qui subiraient cet autoritarisme. Ce n’est pas une seule et précise tierce personne (le psy) qui va pouvoir pointer des aspects ignorés de moi-même, le tiers en général : autrui, les autres, mes proches, ceux qui vivent avec moi, dans le monde professionnel ou familial. Tous ceux qui m’approchant me subissent ou bénéficient de moi peuvent être sensibles à certains de mes comportements ou propos et éventuellement mieux me « voir venir » que moi-même je n’en serais capable. N’étant même pas conscient que tels comportements ou propos de ma part pourraient être problématiques, déplacés, etc. et ne trouver tout leur sens, leur explication que rattachés à telle ou telle situation antérieure, d’enfance ou d’adolescence au cours de laquelle des valeurs, explications, attitudes auraient été intériorisées, à mon insu, et reproduites, ensuite, maintenant, bien des années plus tard, de façon peu pertinente ou déplacée, dans un contexte différent que celui qui les avait vu naître. Ce n’est que si autrui, un ou plusieurs tiers me rendraient sensibles à tel ou tel comportement qui leur semblerait absurde ou déplacé que je pourrais être amené à réfléchir, à tenter de conscientiser, (m’)expliquer mon comportement actuel par des fixations anciennes mais oubliées par ma conscience actuelle. Bref de l’inconscient en moi peut être questionné par un tiers et donc soumis à ma conscience. Point n’est donc besoin, me semble-t-il, d’un psy à payer ou à accuser d’imposture pour accepter la notion d’inconscient. S’il y a forcément de l’autre en nous, et si nous ne nous construisons que par de l’autre, il ne doit pas être étonnant que cet autre soi aussi une des voies permettant de me (ra)mener à du moi non conscient en moi.
    Bien à vous.

    • vivrespinoza dit :

      Merci pour votre commentaire et votre réflexion.
      Je dois prendre le temps pour y réfléchir. Je vous reviendrai à son propos dès que ma réflexion, en rapport avec la pensée spinoziste, aura müri.

      Bien à vous

    • vivrespinoza dit :

      Je ne suis pas certain de bien comprendre les fondements de votre réflexion. J’ai l’impression que ce que vous remettez en cause ce n’est pas l’inconscient freudien lui-même, mais plutôt le rôle du psychanalyste comme révélateur privilégié de cet inconscient, rôle que vous reportez sur toutes les personnes avec lesquelles nous avons un contact plus rapproché (je vous cite : «Point n’est donc besoin, me semble-t-il, d’un psy à payer ou à accuser d’imposture pour accepter la notion d’inconscient »). Si tel est bien le cas, mais je peux me tromper, il me m’est pas possible de vous approuver, d’un point de vue spinoziste, ainsi que je l’ai détaillé dans l’article que vous citez. Toutefois, si vous utilisez « inconsciemment » ( ) le terme d’inconscient pour signifier notre propre méconnaissance de nous-mêmes due à la confusion et la mutilation de l’Imagination et que vous suggérez que, pour acquérir une meilleure connaissance de nous-mêmes, l’aide extérieure apportée par nos proches est plus efficace que celle d’un thérapeute psychanalyste, alors je ne peux que vous approuver car, même si j’utilise un peu abusivement cette citation, « rien de plus utile à l’homme que l’homme lui-même ».
      Ceci dit, il y a quand-même dans votre commentaire une approche que je qualifierais pompeusement de « post-kantiste habermasienne » : les sujets ne sont pas parfaitement autonomes, mais se construisent dans l’intersubjectivité de la communication (Je vous cite à nouveau : «S’il y a forcément de l’autre en nous, et si nous ne nous construisons que par de l’autre »), approche étrangère à la pensée de Spinoza, car, d’une part, elle ne fait que tempérer un peu l’illusion du libre arbitre intégral, alors que pour Spinoza, tout est déterminé, sans exception pour la volonté humaine, et d’autre part, au niveau des essences, il n’y a pas de relations causales entre elles.
      Bien à vous

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