Spinoza et Proust (3) : la jalousie (deuxième partie) (3)

La Raison et ses remèdes aux passions

La cinquième partie de l’Ethique montre, dans ses vingt premières propositions, avant de passer à la conquête de la Liberté et de la Béatitude, quelle est la puissance de la Raison sur les passions. Le scolie de la vingtième proposition résume d’ailleurs les conclusions obtenues en une liste de pratiques que la Raison peut mettre en œuvre afin que nous ne soyons plus  asservis aux passions :

« Dans les propositions qui précèdent, j’ai réuni tous les remèdes des passions, c’est-à-dire tout ce que l’esprit, considéré en soi seul, peut contre les passions. Il résulte de là que la puissance de l’esprit sur les passions consiste :

1° dans la connaissance même des passions (voyez le Scolie de la Proposition 4) ;

2° dans la séparation que l’esprit effectue entre telle ou telle passion et la pensée d’une cause extérieure confusément imaginée (voyez la Proposition 2 et son Scolie., et la Proposition 4) ;

3° dans le progrès du temps qui rend celles de nos affections qui se rapportent à des choses dont nous avons l’intelligence, supérieures aux affections qui se rapportent à des choses dont nous n’avons que des idées confuses et mutilées (voyez la Proposition 7) ;

4° dans la multitude des causes qui entretiennent celles de nos passions qui se rapportent aux propriétés générales des choses, ou à Dieu (voyez les Proposition 9 et 11) ;

5° enfin dans l’ordre où l’esprit peut disposer et enchaîner ses passions (voyez le scolie de la Proposition 10, et les Propositions 12, 13, 14). »

La jalousie proustienne est une passion, triste et destructrice. Elle fait atrocement souffrir le jaloux et détruit tout amour dans lequel il s’engage.

Imaginons que ce jaloux lise les conclusions reprises ci-dessus et se décide à les appliquer. Notons qu’une grande partie de ce travail a déjà été effectuée dans nos deux articles précédents et il aurait intérêt à les (re)lire. Mais nous allons en reprendre les conclusions pour les inclure dans les points  énumérés ci-avant.

Mais avant tout, afin d’appliquer le plus exactement possible les remèdes spinozistes et ne pas nous laisser dévier par diverses interprétations du texte de Spinoza, il importe d’effectuer quelques rappels et de procéder à l’une ou l’autre remarque.

Rappels et remarques

  1. Les remèdes proposés font appel à la Raison et non à l’Intuition qui intervient après la proposition 20 dans cette cinquième partie. La Raison procède des notions communes (Eth II, 40, scolie 2). Nous savons ce qui correspond aux notions communes universelles et aux notions communes propres : ce sont, pour les premières, les propriétés qui sont communes à tous les corps et qui sont également dans le tout et dans les parties de chacun d’eux (Eth II, 38); et ce sont, pour les secondes, les propriétés qui sont communes à notre corps et à certains corps extérieurs par lesquels il est habituellement affecté et qui sont également dans le tout et dans les parties de chacun de ces corps extérieurs (Eth II, 39).
  2. Une passion est formée d’une affection du corps, par laquelle la puissance de ce corps est augmentée ou diminuée, aidée ou contrariée et, en même temps  de l’idée de cette affection (Eth III, définition 3). Une affection du corps est une transformation que subit le corps lorsqu’il est affecté par une chose. Par exemple, devant une chute d’eau, notre corps en est affecté par la vue, l’ouïe et le toucher. Si nous en sommes suffisamment éloigné, seule notre vue sera affectée. Cette affection visuelle peut nous remplir de plaisir et ainsi augmenter la puissance de notre corps. En même temps, notre esprit aura une idée de beauté de cette affection, idée qui nous proviendra d’une expérience antérieure ou de l’association avec un tableau admiré. Le sentiment ressenti est alors une passion joyeuse. Nous pouvons aussi être situé très près de la chute d’eau et notre corps en être surtout affecté par le bruit assourdissant qui provoque un certain déplaisir et donc une diminution de sa puissance d’agir. Simultanément, une idée de peur peut se former dans notre esprit suite à cette affection corporelle. Le sentiment ressenti est alors de l’ordre de la passion triste.
  3. « Les affections du corps humain, dont les idées nous représentent les corps extérieurs comme nous étant présents, nous les appellerons, pour nous servir des mots d’usage, images des choses, bien que la figure des choses n’y soit pas contenue. Et lorsque l’esprit aperçoit les corps de cette façon, nous dirons qu’il imagine » (Eth II, 17, scolie). Mais les affections corporelles nous sont toujours rendues présentes, soit immédiatement, soit par le travail de la mémoire ou de la projection dans le futur. C’est pourquoi Spinoza identifie affections corporelles et images des choses (ainsi dans Eth V, 1 : « … les affections du corps ou images des choses … »). Dans un sentiment, l’idée de l’affection corporelle ou image d’une chose est  toujours une idée imaginaire, donc inadéquate, confuse et mutilée : «L’idée d’une affection quelconque du corps humain n’enveloppe pas la connaissance adéquate d’un corps extérieur » (Eth II, 25) et « L’idée d’une affection quelconque du corps humain n’enveloppe pas la connaissance adéquate du corps humain » (Eth II, 27).
  4. Nous venons de citer plusieurs fois la notion d’idée ou de connaissance adéquate. D’ailleurs, le travail de connaissance même des passions cité dans le premier remède des passions consiste à « former de ce sentiment une idée claire et distincte » (Eth V, 3, démonstration), ce qui est toujours possible grâce aux notions communes (Eth V, 4, démonstration). Mais qu’est-ce qu’une idée adéquate, et comment former de telles idées ?  La définition formelle d’une idée adéquate est la définition 4 de Eth II. Par ailleurs, le corollaire de Eth II, 11 nous dit : « … et lorsque nous disons que Dieu a telle ou telle idée, non plus seulement en tant qu’il constitue la nature de l’esprit humain, mais en tant qu’il a en même temps l’idée d’une autre chose, nous disons alors que l’esprit humain perçoit une chose d’une façon partielle ou inadéquate. » A contrario, une idée adéquate est donc une idée qui s’explique par notre esprit seul, c’est-à-dire qui enveloppe sa cause dans d’autres de nos idées, sans aucune relation à un objet extérieur. Et pourtant, cette idée va s’accorder avec l’objet qu’elle représente (Eth I, axiome 6).
  5. Cependant, rappelons-le, Pour Spinoza, il n’y a, pour l’esprit humain, de connaissances que par les idées  des affections de l’unique objet qu’a cette idée qu’est cet esprit : son corps :

« L’esprit humain ne connaît le corps humain lui-même et ne sait qu’il existe que par les idées des affections dont le corps est affecté » (Eth II, 19)

et

« L’esprit humain ne perçoit de corps extérieur comme existant en acte que par les idées des affections de son propre corps » (Eth II, 26).

Puisque toute affection du corps porte la marque du monde extérieur et puisque toutes nos idées sont des idées d’affections notre corps, il faut bien admettre que chacune de nos idées, prise dans la totalité de son contenu, est inadéquate : « Les idées des affections du corps humain, en tant qu’elles sont uniquement reportées à l’esprit humain, ne sont pas claires et distinctes, mais confuses » (Eth II, 28). Alors, quelles sont les idées adéquates ?

6.       Dans toute idée inadéquate, il y a quelque chose d’adéquat : «De ce qui est commun au corps humain et à certains  corps extérieurs par lesquels le corps humain est ordinairement affecté, et  qui est également dans chacune de leurs parties et dans leur ensemble, l’esprit humain en a une idée adéquate »(Eth II, 39).

Nos idées adéquates sont donc constituées par ce qu’il y a d’adéquat dans nos idées inadéquates, ou, plus exactement, par l’idée de l’aspect de l’affection corporelle dont l’idée inadéquate de départ était l’idée, qui s’explique par notre nature seule  ; une idée adéquate, ce n’est pas l’idée d’une affection de notre corps susceptible de s’expliquer par notre seule nature, puisque une telle affection n’existe pas : c’est l’idée de ce qui, dans une affection de notre corps, s’explique par notre seule nature.

7. L’objet d’une idée inadéquate, ce qu’elle « vise », c’est une affection corporelle, une image particulière. Quel est l’objet d’une idée adéquate, ce « ce qui, dans une affection de notre corps, s’explique par notre seule nature » ?

Ce ne peut pas être une affection corporelle, car alors l’idée serait inadéquate.

Avoir une idée adéquate, c’est l’avoir « comme Dieu a cette idée », car : « Toutes les idées, en tant qu’elles sont rapportées à Dieu, sont vraies » (Eth II, 32). Alors, comment Dieu pense-t-il ?

Pour Dieu, penser et agir, c’est-à-dire produire, sont une seule et même chose : « La puissance de penser de Dieu est égale à sa puissance actuelle d’agir » (Eth II, 7, corollaire).

Par conséquent une idée que Dieu a va traduire, dans l’attribut Pensée, l’ordre dans lequel les choses sont produites dans les autres attributs, l’attribut Pensée compris, comme aussi l’attribut Etendue.

8. Maintenant, une idée adéquate doit pallier toutes les carences de l’idée inadéquate à laquelle elle est liée, c’est-à-dire en rendre clair et complet ce qui y était confus et partiel. Elle doit contenir la « figure » (la structure) de la chose extérieure, ou du moins de l’aspect qui en est considéré, et envelopper aussi la connaissance vraie de notre corps, ou du moins également d’un certain aspect (voir dans le point 3. ci-dessus les carences correspondantes de l’idée inadéquate).

9. En rassemblant les conclusions des points précédents (7. Et 8.), on peut arriver à caractériser plus précisément une idée adéquate.

Elle est l’idée, non pas d’une affection, ni même de plusieurs affections corporelles, mais de l’ordre dans lequel s’enchaînent un ensemble d’affections reliées entre elles par un même objet extérieur (Odette pour Swann, par exemple), et cet ordre, contrairement à ce qui se passe dans le cas d’une image isolée ou d’un enchaînement « naturel » d’images, reproduit effectivement la « figure » (ou la structure) de la chose que son idée nous fait connaître (par exemple, la jalousie de Swann), ou du moins un aspect de cette structure.

La connaissance adéquate d’une chose extérieure à nous est ainsi indissolublement liée à la connaissance de notre propre nature car elle consiste  en la découverte de l’ordre commun entre  nos affections corporelles et la structure de la chose considérée (Par exemple, ce qui fait se succéder les affections corporelles de Swann imaginant Odette et l’ordre qui engendre nécessairement sa jalousie).

Tout est alors en place pour passer de l’ordre naturel des rencontres à l’ordre déductif de l’entendement …

Jean-Pierre Vandeuren

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8 commentaires pour Spinoza et Proust (3) : la jalousie (deuxième partie) (3)

  1. Bonjour, M.Vandeuren,
    Je m’intéresse à Spinoza et j’apprécie paticulièrement vos explications. Cependant, j’ai 2 éclaircissements à vous demander sur les rôles respectifs de la « rencontre » et du manque, comme stimuli
    Si j’ai bien compris, le conatus de chaque individu s’exprime par sa puissance d’être , de persévérer , d’agir et de résister.
    1°.-Le stimulus du conatus peut être une « rencontre », bonne ou mauvaise. Mais ce peut être aussi un manque . Or un « manque » n’est pas une rencontre ! Spinoza a-t-il oublié cette cause ?
    2°.- Tout le monde semble identifier Conatus et Désir. Mais est-ce si évident ?
    Merci de me répondre
    jpB

    • vivrespinoza dit :

      Cher Monsieur,

      Merci pour votre intérêt et votre commentaire.
      Les réponses aux questions que vous vous posez se trouvent dans deux articles de ce blog : « Désir et réalité » du 12/4/12 et « les cycles génétiques chez Spinoza (1) ».
      Je vous propose de les lire et de me revenir si vous désirez d’autres éclaircissements.

      Cordialement,

      Jean-Pierre Vandeuren

  2. Monsieur,
    Je relie avec bonheur votre exposé du 17/11/2012.
    Cependant, il ne m’est pas évident que la vue d’un paysage qui nous plait , ici une chute d’eau, puisse automatiquement , augmenter la puissance de notre corps ? Sous quelle forme se manifeste cette puissance d’agir et pourquoi est-ce une augmentation ? »
    « …Par exemple, devant une chute d’eau, notre corps en est affecté par la vue, l’ouïe et le toucher. Si nous en sommes suffisamment éloigné, seule notre vue sera affectée. Cette affection visuelle peut nous remplir de plaisir et ainsi augmenter la puissance de notre corps. »
    J’ai du sauter un « théorème » !
    jpB

    • vivrespinoza dit :

      Cher Monsieur,

      Je ne suis pas certain de saisir ce que vous ne comprenez pas. J’ai choisi l’exemple de la chute d’eau parce qu’il a justement trait à un plaisir corporel (la vue de quelque chose qui nous plaît.J’aurais pu prendre l’exemple d’un tableau) et que ce type d’affect se comprend assez facilement comme une augmentation de notre puissance corporelle. Ce qui vous pose problème est peut-être la liaison entre l’affection corporelle et l’idée que nous en avons, car, comme l’exemple le met en évidence, cette affection corporelle, peut être vue extérieurement comme un fait objectif, mais est ressentie différemment par chacun, chacun selon son « ingenium » propre, c’est-à-dire sa faculté propre d’imaginer : « Une seule et même chose en effet peut en même temps être bonne ou mauvaise ou même indifférente. La musique, par exemple, est bonne pour un mélancolique qui se lamente sur ses maux ; pour un sourd, elle n’est ni bonne ni mauvaise. » (Eth IV, Préface). Le « théorème » que vous pensez avoir « sauté » pourrait être alors le suivant :
      « L’ordre et la connexion des idées est le même que l’ordre et la connexion des choses. » (Eth II, 7).
      Très cordialement,

      Jean-Pierre Vandeuren

      • jeanpierrebarret dit :

        Cher monsieur Vandeuren,

        Merci pour votre réponse. Vous êtes très clair mais reconnaissons que certains exégètes sont aussi difficiles à comprendre des amateurs, que le philosophe obscur qu’ils expliquent. Il en est ainsi, à mon sens, du terme « Puissance d’agir » qui augmenterait quand on éprouve de la Joie et qui diminuerait si l’on est triste. Pour reprendre votre exemple de la chute d’eau, voici ce que je comprends : J’éprouve, une première fois de la joie à voir (à rencontrer) une belle chute d’eau. Ce sentiment va m’inciter à renouveler cette expérience agréable. Ce sentiment de persévérance exprime mon Conatus expansif qui cherche à répéter cette activité joyeuse ce qui peut s’exprimer comme une augmentation de ma puissance d’agir(?) . La réciproque me semble encore plus claire : Si mon conatus expansif accroît ma puissance d’action , par exemple ma domination sur autrui, j’en éprouve sinon une grande joie, au moins un grand plaisir (oh l’affreux !). Je persiste, comme dirait Spinoza : Le terme « Puissance d’agir » n’est pas clair et mériterait d’être illustré par des exemples; la preuve en est que, déjà, le mot Puissance a de multiples significations. (Aristote, Nietzsche etc.) J’en suis d’autant plus admiratif pour l’élite des commentateurs de Spinoza que sont Alain, Deleuze, Misrahi, Vandeuren…

        Avec mes respects jpB

      • vivrespinoza dit :

        Cher Monsieur,

        Merci pour votre commentaire et pour l’honneur que vous me faites d’aligner mon nom aux côtés d’aussi éminents intellectuels que Alain, Deleuze ou Misrahi. Mais comme je ne mérite certainement pas une telle ascension fulgurante au pinacle de la philosophie, j’aimerais d’abord répondre à vos réflexions sur ces illustres exégètes de Spinoza.
        Ces commentateurs sont des philosophes « professionnels » et sont contraints d’utiliser le langage interne technique à cette discipline afin d’y progresser eux-mêmes et de pouvoir exposer leurs réflexions à l’examen et à la critique de leurs collègues, tout comme les biologistes, par exemple, sont forcés d’utiliser le langage interne à leur discipline, langage qui reste abscons pour le commun des mortels néophyte en la matière.Evidemment, ce qui se comprend pour une discipline scientifique enfermée dans un cadre particulier s’accepte beaucoup moins pour la philosophie si on la considère surtout utile pour « soigner les maux de l’âme » (Epicure), c’est-à-dire aider le commun des mortels justement à adopter une éthique, une conduite de vie rationnelle. Si vous et moi, néophyte tous deux en philosophie, nous intéressons à L’Ethique de Spinoza, c’est justement parce que nous sentons que la lecture de cette oeuvre peut nous aider à nous forger une vision du monde qui nous permettra de nous guider dans l’existence en accord avec notre propre complexion. L’ouvrage étant effectivement particulièrement ardu, les commentateurs peuvent nous aider à y voir plus clair. Je les considère indispensables pour ma part et ils m’aident effectivement beaucoup en apportant, chacun d’entre eux, un éclairage différent sur l’oeuvre. Mais je suis d’accord avec vous sur le fait qu’ils restent tous à un niveau théorique trop élevé et, pour ce qui concerne une aide pratique, à savoir une aide pour mettre en pratique l’éthique de L’Ethique, ils sont assez faibles. En particulier, leurs manques d’exemples est tout-à-fait criant. C’est la raison qui m’a poussé à entamer ce blog : mettre en pratique l’enseignement de L’Ethique, tracer des « chemins spinozistes pour parcourir la vie’ et, autant que me permettent mes faibles moyens, illustrer le plus possible et le plus concrètement possible, cet enseignement.
        Pour ne revenir aux autres aspects évoqués dans votre commentaire, il me semble qu’il se partagent en deux : d’un côté, une demande d’éclaircissement de la notion de « puissance d’agir » et d’un autre côté d’un approfondissement « génétique » de l’exemple de la chute d’eau.
        Etre ou agir, pour Spinoza, sont deux choses équivalentes. Etre, c’est nécessairement produire des effets qui résultent de nos actes, eux-mêmes conséquences de nos désirs particuliers, ces derniers n’étant que des déterminations de notre Désir, notre Conatus, cette puissance héritée de la puissance divine, la capacité divine de produire l’infinité de toutes les choses. Ainsi, plus nous produisons d’effets (idéalement qui peuvent s’expliquer par notre nature propre, auquel cas nous sommes actifs), plus nous « sommes », plus nous agissons, plus notre capacité à produire des effets est augmentée, plus notre « puissance d’agir » se fortifie.
        Dans l’explication que vous proposez de l’exemple de la chute d’eau, vous mettez en évidence une cause particulière de détermination du Conatus en un désir particulier, celui, ici, de vouloir renouveler une expérience vécue dans le passé. Cette explication génétique pourrait-elle être généralisée? Autrement dit, n’y aurait-il de joies que de joies passées? En un sens, sans doute, car il faut bien une « première fois ». Mais, plus fondamentalement, s’il y a joie (passive), c’est que la rencontre avec une cause extérieure convient à notre nature propre, et donc augmente notre puissance d’exister par cette union avec cette cause. Cependant, s’il faut une « première fois », il n’est nul besoin de rechercher, à la façon des psychanalystes, à remonter à cette fois là pour expliquer nos joies et nos désirs. Mais c’est là encore tout un débat …

        Très cordialement,

        Jean-Pierre Vandeuren

      • BARRET jean-pierre dit :

        BRAVO et merci
        jpB

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