Justification spinoziste du revenu de base (1)

« Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement. » (Francis Blanche)

Le revenu de base

Le revenu de base est un revenu versé par une communauté politique à tous ses membres, sur une base individuelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie (selon la définition du Basic Income Earth Network (BIEN)). Cette proposition est aussi appelée :

  • « revenu universel »,
  • « revenu inconditionnel »,
  • « revenu inconditionnel suffisant »,
  • « revenu d’existence »,
  • « revenu minimum d’existence »,
  • « revenu social »,
  • « revenu social garanti »,
  • « allocation universelle »,
  • « revenu de vie »,
  • « revenu de citoyenneté »,
  • « revenu citoyen »,
  • « salaire à vie »,
  • « dotation inconditionnelle d’autonomie »,
  • ou « dividende universel ».

(Source : Wikipedia)

Les justifications habituelles

L’octroi d’un revenu de base fait l’objet de deux types de justifications économiques : conjoncturelle ou structurelle.

Justifications économiques conjoncturelles

Actuellement le motif principal qui oriente les esprits vers l’octroi d’un revenu de base est l’apparition dans les sociétés riches d’un chômage croissant que les mesures traditionnelles ne parviennent pas à réduire  ni même à endiguer. Et pour cause pourrions-nous dire puisque le capitalisme porte nécessairement le chômage en son sein (voir Marx (2) : analyse économique (5)).

La lutte contre la pauvreté a pris diverses formes particulières installant peu à peu un système complexe et d’une efficacité insuffisante. D’où, une première nécessité : trouver une manière plus directe et plus générale d’envisager cette lutte.

D’autre part, toutes les formes que revêt cette lutte prennent place dans une espèce d’extension de la charité traditionnelle, qui mobilise l’idée du don, et suppose par conséquent la supériorité morale de celui qui donne, et donc aussi la relative indignité de celui qui reçoit, ou pire encore, de celui qui demande. Or dans une société où la pauvreté est essentiellement due à un inévitable chômage, il est injuste de soumettre le chômeur à cette honte en l’obligeant à se sentir coupable de ne pas faire ce que la société ne lui donne pas la possibilité de faire. D’où une seconde nécessité : trouver une manière d’attribuer à ceux qui en ont besoin un revenu qui ne réponde plus à cette conception du don ou de la charité, marquant d’indignité ses bénéficiaires.

Le revenu de base répond à ces deux exigences : simple et efficace, étant universel, automatique et égal pour tous, personne ne peut se situer par rapport à lui du côté de ceux qui le donnent et qui ne le reçoivent pas.

Par ailleurs, un tel revenu permet aussi de lutter contre le chômage et d’améliorer la flexibilité du marché du travail en luttant contre les trappes à la pauvreté créées par les mesures de type revenu minimum ou impôt négatif.

On le voit toutes ces justifications sont économiques et sont énoncées au sein d’une situation conjoncturelle d’augmentation de la pauvreté due principalement à un chômage endémique. C’est ce phénomène qui pousse vers la recherche de ce type de solution.

Mais lorsqu’on se concentre sur la solution d’un tel problème, on reste prisonnier de la logique de l’état économique et idéologique (le capitalisme) qui l’a engendré et qui a aussi inspiré la plupart des autres solutions qu’on lui a apporté, et on s’écarte alors derechef de son caractère d’universalité, terme qui comprend non seulement l’accessibilité de toutes les personnes qui vivent cet état, mais doit s’étendre à tous, au-delà de celui-ci et sans restriction temporelle non plus. C’est pourquoi d’aucuns avancent une :

Justification économique structurelle

Le revenu de base  peut aussi être justifié, de façon liée aux structures qui soutiennent tout développement économique, la propriété commune de la Terre et le partage des progrès techniques passés. Il est alors envisagé comme un dividende monétaire ou un crédit social reçu par chacun du fait de cette propriété et de ce partage.

Les deux types de justifications précédentes visent à convaincre un pouvoir politique de la nécessité de l’instauration d’un revenu de base. Les raisons invoquées sont uniquement économiques et donc externes à l’essence de la politique, elle-même fondée sur la nature humaine. C’est pourquoi il n’est pas inutile d’aller chercher du côté de L’Ethique une éventuelle justification de ce revenu qui pourrait être déduite de ses conceptions ontologique et anthropologique…

Jean-Pierre Vandeuren

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